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Une nécropole mérovingienne
Audun-le-Tiche (57)
La nécropole mérovingienne d’Audun-le-Tiche s’étend sur une colline boisée, proche de la localité actuelle, sur un site qui semble occupé dès la fin de l’époque gauloise. A l’époque gallo-romaine y est édifié un fanum qui est occupé jusqu’au IVe siècle. Une petite nécropole y a également existé au Haut-Empire et elle a pu constituer le point de départ des sépultures mérovingiennes.
Quelque deux cents tombes, orientées nord-ouest/ sud-ouest et datées entre 620 et 700 apr. J.-C., ont été fouillées par Alain Simmer. La plupart sont des caissons maçonnés se couvrant de dalles à une époque tardive ; les fosses en terre libre et les sarcophages y sont extrêmement rares. Quelques enclos funéraires sont attestés. Il convient de signaler l’abondance de remplois et de viols de sépultures ainsi que l’existence, semble-t-il, de rites funéraires particuliers. Le mobilier provenant de ces tombes – armes, garnitures de ceintures, dont un nombre important est damasquiné, et objets de parure – est présenté à l’espace archéologique. Le christianisme, dont les premiers indices apparaissent dans le mobilier de la nécropole, est sans doute à l’origine de l’abandon de celle-ci. La manifestation la plus éclatante du christianisme dans la nécropole est une croix en pierre qui fut mise au jour brisée sur la dalle de couverture d’une des tombes alors que son socle a été retrouvé un peu plus loin dans l’espace li
bre entre deux tombes.
L’ensemble mesure 0,45 m de haut et comporte un socle dont la base n’est que dégrossie. Le socle encadré par une double ligne en creux est un cercle de 4 cm de diamètre d’où partent quatre diagonales. La croix est constituée de trois branches triangulaires de mêmes dimensions (4 cm) encadrées par des lignes en creux portées par une hampe haute de 0,20 m qui porte un décor d’incisions et dans sa partie supérieure une croix. La branche centrale comporte un motif linéaire dans lequel on peut voir une croix assez fruste. L’interprétation du responsable des fouilles la considère comme la représentation schématisée d’un christ en croix. La croix d’Audun-le-Tiche atteste sans doute l’existence, dans la seconde moitié du VIIe siècle, d’un petit oratoire dans ce cimetière. A ce jour, elle n’a toujours pas de véritable équivalent en Gaule mérovingienne.
Jean-Paul PETIT
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