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Le Hérapel : une agglomération secondaire de hauteur
Cocheren (57)
A peu de distance de la frontière franco-allemande, se dressait dans l’Antiquité l’agglomération secondaire de Cocheren, sur un promontoire inscrit dans la ligne d’escarpement qui sépare le plateau lorrain de la dépression du Warndt. Située dans la partie orientale de la cité des Médiomatriques, elle surplombe l’axe Metz-Worms d’une centaine de mètres. Ce site attira très tôt l’attention des érudits locaux : dès 1753 eurent lieu les premières fouilles, effectuées par l’abbé Traize. A partir de 1827 et pendant trois années, la nécropole qui s’étendait aux portes de l’agglomération a été explorée sous la conduite d’Heinrich Böcking, futur maire de Sarrebruck. Malheureusement, il ne laissa aucune relation de ses découvertes et les emporta en Allemagne, où il les céda à un musée berlinois.
Suite à l’essor de l’archéologie en Lorraine annexée, furent entamées en 1882 des fouilles de grande envergure, conduites par un industriel sarregueminois, Emile Huber. Elles se sont échelonnées sur plus de dix ans et ont permis de mettre au jour une partie de l’agglomération, en particulier les vestiges d’une enceinte du Bas-Empire qui verrouillait l’accès du site. Par la suite, seules des découvertes fortuites ont complété les connaissances sur ce site jusqu’au début des années soixante-dix.
Des interventions ponctuelles ont alors été effectuées, puis de 1986 à 1988, sous la conduite de Roland Hoffmann, une fouille programmée sur la nécropole déjà explorée au XIXe siècle. Ce dernier, après avoir retrouvé à Berlin une partie de la collection Böcking, s’attache à faire la synthèse de toutes les recherches menées sur ce site qui témoigne aussi de l’histoire mouvementée de cette région entre France et Allemagne. Des découvertes récentes indiquent que le site est occupé dès l’époque gauloise, mais c’est après la conquête que naquit véritablement une agglomération, bien formée à partir de l’époque claudienne. Malgré les recherches, la perception de la topographie antique, en particulier l’organisation de la voie, reste très floue. Plusieurs bâtiments publics, notamment deux temples octogonaux, ont été fouillés, alors que l’habitat et les installations artisanales sont mal connus. Fortifiée au Bas-Empire, l’agglomération est sans doute intégrée dans le système de défense de la seconde moitié du IVe sièc
le, peut-être en liaison étroite avec le castrum de Sarrebruck. La nécropole a révélé la présence d’individus inhumés avec des armes d’origine germanique qui pourraient témoigner de la présence d’un détachement de l’armée à cette époque.
Aucun vestige n’est visible aujourd’hui, mais la topographie des lieux témoigne de l’importance du site et révèle le tracé du rempart et l’emplacement de certains des monuments qui ont été fouillés.
Jean-Paul PETIT
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