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Le sanctuaire du Donon et le « Chemin d’Allemagne »
Grandfontaine (67)
Le plus beau tronçon de voie romaine de Lorraine est aisément repérable sur une grande partie de son parcours entre Lafrimbolle et le Donon ; il figure sur les cartes sous la dénomination de « Chemin d’Allemagne » et en de nombreux endroits, il est encore pavé de larges dalles de grès. Ce chemin correspond sans doute à une voie provenant de Tarquimpol et se dirigeant vers le Donon.
Ce sommet des Vosges, qui culmine à plus de 1 000 m, était situé à la frontière de plusieurs peuples, les Leuques au sud, les Médiomatriques au nord et les Triboques à l’est.
Un sanctuaire occupait la crête, terminée par une table rocheuse, qui la domine de quelques mètres. L’emplacement a été occupé au haut Moyen Age par un couvent dont il ne reste rien, mais qui a profondément modifié la topographie du lieu.
Les découvertes faites sur ce site remontent au moins au XVIIe siècle et ont été consignées par Dom Hyacinthe Alliot, moine de Moyenmourtiers (1696), correspondant de Dom Calmet, auteur de la Notice de la Lorraine (1756, I, p. 451).
Au moins deux bâtiments construits en grand appareil de grès ont existé, dont l’un situé sur la table sommitale. C’est là qu’ont été trouvées en majorité la trentaine de stèles dédiées à Mercure qui proviennent du site et indiquent la nature de la divinité principale honorée. Sa position semble indiquer qu’il s’agissait d’un temple. Le pseudo-temple qu’on voit aujourd’hui sur le rocher et qui a servi de musée a été construit en 1869. La plupart des reliefs ont disparu.
Le second bâtiment se trouve à environ 150 m au nord-est du précédent et semble avoir été l’édifice principal du lieu, mais là aussi, les éléments sont insuffisants pour en définir la nature, même si des éléments sculptés indiquent qu’il s’agissait peut-être d’un temple. Le site est interprété comme un sanctuaire confédéral des trois cités. Outre Mercure, les figurations diverses retrouvées indiquent la présence de Jupiter cavalier à l’anguipède – dont les restes provenant de trois exemplaires ont été remontés –, du dieu Smertrius au cerf et d’un dieu nu à l’épée. Des moulages de quelques-unes de ces stèles sont regroupées à l’entrée du site dans une sorte d’exèdre.
Jean-Paul PETIT
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