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Une ville romaine entourée d’étangs
Tarquimpol (57)
La découverte par prospection aérienne, le 6 juillet 1981, au lieu-dit « le Vieux Château », d’un théâtre rural gallo-romain a de nouveau focalisé l’attention sur ce site, qui avait fait l’objet de fouilles au XIXe siècle.
L’agglomération, constituée de plusieurs noyaux sans continuité ni structure ordonnée évidente était implantée sur une élévation dominant un milieu humide, voire marécageux, à l’extrémité orientale du « pays du sel » (pagus salinensis) et aux confins sud-orientaux du territoire des Médiomatriques. Son nom, Decempagi, est connu par quatre documents antiques, dont la fameuse Table de Peutinger.
Dispersée sur environ 45 hectares, elle comportait d’autres monuments publics. Des vestiges architectoniques imposants, découverts au XIXe siècle, semblent indiquer l’existence d’un temple, et des thermes furent fouillés sommairement à la même époque. Un ensemble de grandes constructions, à usage vraisemblablement hôtelier, a été découvert d’avion en même temps que le théâtre. Celui-ci, le seul de son espèce connu en Lorraine, est l’un des plus grands de Gaule (115 m environ de diamètre) ; on perçoit clairement l’orchestra circulaire, aménagement original, et, sans doute postérieurs à son édification, les murs de précinction ainsi que les gradins. Cet édifice capable, selon les hypothèses retenues, d’accueillir entre 8 000 et 12 000 « pèlerins », fut un élément majeur de la romanisation des campagnes médiomatriques.
Née au début du Ier siècle, cette bourgade connaît son apogée aux IIe et IIIe siècles apr. J.-C. Dans l’Antiquité tardive, l’agglomération se resserre sur un espace restreint de 8 ha, protégé par un rempart renforcé de tours. A cette époque, la place forte joue un rôle important sur la voie stratégique Metz - Strasbourg, confirmé par l’historien Ammien Marcellin qui relate la « bataille de Tarquimpol » de 356 apr. J.-C. entre les troupes de Julien et les Alamans – sans que la localisation de cette rencontre ait pu être établie avec certitude.
A la fin du IVe et au début du Ve siècle, Decempagi Tarquimpol n’est pas abandonné. Dans son récit de 451 rédigé au VIIIe siècle, Paul Diacre qualifie Tarquimpol d’oppidum. La nécropole mérovingienne fouillée sous le pavement de l’église atteste également la continuité de l’occupation entre l’Antiquité et le haut Moyen Age.
La Maison du Pays des Etangs, aménagée dans le petit village qu’est aujourd’hui Tarquimpol, est le lieu de départ idéal pour partir à la recherche des traces de cette agglomération.
René BERTON
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